XVI CHATIMENT DE L'ORGUEIL (wiersz klasyka)

Charles Baudelaire

En ces temps merveilleux oů la Théologie
Fleurit avec le plus de sčve et d'énergie,
On raconte qu'un jour un docteur des plus grands,
— Aprčs avoir forcé les cœurs indifférents,
Les avoir remués dans leurs profondeurs noires,
Aprčs avoir franchi vers les célestes gloires
Des chemins singuliers ŕ lui-męme inconnus,
Oů les purs Esprits seuls peut-ętre étaient venus,
—Comme un homme monté trop haut, pris de panique,
S'écria, transporté d'un orgueil satanique :



Ť Jésus, petit Jésus ! je t'ai porté bien haut !
Mais si j'avais voulu t'attaquer au défaut
De l'armure, ta honte égalerait ta gloire,
Et toi ne serais plus qu'un fœtus dérisoire ! ť


Immédiatement sa raison s'en alla.
L'éclat de ce soleil d'un crępe se voila ;
Tout le chaos roula dans cette intelligence,
Temple autrefois vivant, plein d'ordre et d'opulence,
Sous les plafonds duquel tant de pompe avait lui.
Le silence et la nuit s'installčrent en lui,
Comme dans un caveau dont la clef est perdue.
Dčs lors il fut semblable aux bętes de la rue,
Et quand il s'en allait sans rien voir, ŕ travers
Les champs, sans distinguer les étés des hivers,
Sale, inutile et laid comme une chose usée,
Il faisait des enfants la joie et la risée.

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przysłano: 5 marca 2010

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